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L'édito de Greg

n°44 - La poésie, c'est nul

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Ah, la poésie...

Le soleil prenait son temps pour se coucher. Le bitume défilait sous mes yeux fatigués par la griseur pâle du soir tombant sur la ville. Les humains, partout autour de moi, agitaient leurs jambes, leurs bras et leurs portables pour rentrer au chaud, ailleurs, dans l'hermétisme de leurs quatre murs, leur cerveau dans le réduit de leurs idées et le cul dans un fauteuil face à la lucarne luminescente de nos vies déliquescentes. Je marchais donc, mes yeux plissés par la lumière rasante lorsqu'une autre lumière, bien plus forte, une lueur comme une explosion, un jaillissement infini de raies luminescentes aux teintes empruntées aux plumes d'oiseaux volant au plus près des astres. Je lançai alors un appel en moi ; le haut-parleur de ma volonté fit résonner aux 4 coins de mon être une complainte galvanisante, et je levai alors une armée de mille cors de chasse, des garnisons entières de roses aux parfums envoûtants prirent leurs quartiers dans mon coeur devenu une avant-garde assoiffée de sang prête à lancer l'assaut à la forteresse de ma timidité ; mes pieds quittèrent le sol et tout mon corps s'envola les ailes qui m'avaient poussé dans le dos battaient et le vent vrombissait à mon visage devenu si lumineux par tant d'insouciance porté que j'étais par la beauté de son visage, ses cheveux lui tombant sur la peau de ses joues comme une promesse d'abandon éternelle à notre vie charnelle. J'étais devenu un bâton de dynamite une fiole de nitroglycérine prête à exploser dans une gerbe d'étincelles de sentiments tendus vers son coeur, et le monde, s'offrant alors à nous devenus son roi et sa reine éternels. J'osai. Mais elle n'avait pas la flamme, et la mèche reliée à mon coeur se flétrit pour ne devenir plus qu'un appendice sans intérêt qu'il faudrait alors que j'opère pour ne plus connaître le malheur dont elle venait de me faire l'hôte à tout jamais.

...

Pour nos amis qui ne lisent pas Télérama et qui ne se laissent pas duper par la poésie, j'ai résumé cette prose en quelques phrases :

C'était le soir, je rentrais chez moi ; j'ai croisé une nana trop bonne. J'ai bougé mon cul et je lui ai demandé du feu mais elle en avait pas, je me suis retrouvé comme un con alors je suis parti. J'étais triste.

Comme quoi, la poésie, c'est nul.
L'édito de Greg: Chaque semaine, l'édito de La Complète, par Greg
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