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Actus : "Il suffirait de voter pour incendier ces connards"
Posté par La Méduse le 21/11/2006 18:54:37

« Il suffirait de voter pour incendier ces connards »
De plus en plus d'espoir pour que les cités votent en masse

Voter pour exister, voter pour se démarquer, voter (blanc) pour annuler les élections, voter pour se réunir, voter pour espérer... Dans les banlieues dites « chaudes », l'heure est à l'inscription sur les listes électorales. Avril 2002, Novembre 2005 y sont pour quelque chose ; des collectifs et des stars, aussi.


« Les jeunes sont bien plus mobilisés qu'en 2002 » assure avec fierté une représentante d'AC Lefeu. Il reste deux millions de personnes sans carte d'électeur, et ils comptent bien les convertir. Avec l'aide de Joey Starr, Sefyu, Djamel Debbouze qui brandissent à tour de bras leur carte d'électeur. Sniper chante « Brûle », chanson hyper violente, et en même temps dédiée à faire voter, et cesser la violence. Le clip, sur fond de jeune en capuche rejeté d'une boite de nuit, suit le crew déambulant dans une cité des flambeaux à la main. « Il parle de karcher divise la France en 2 / Sarko t'offre un lavage à l'éléphant bleu / mais ce qui est malheureux c'est que l'on brûle le temps qu'on a / alors qu'il suffirait de voter pour incendier ces connards »

Générations FM, 530 000 auditeurs en Île-de-France, innove. Opération République Tout Terrain est un concours : les auditeurs envoient leur récépissé d'inscription ; la ville réunissant le plus d'inscrits remporte un concert gratuit. Et Chloé, Yassine et Thomas, animateurs de la matinale, de scander « L'année dernière, vous avez brûlé des voitures ; cette année, vous allez vous inscrire et voter ! »

Sur les forums de générations.com, le site de la radio, on peut lire fréquemment « Tous des pourris ». Même la représentante d'AC Lefeu s'en plaint. Il y'a le ras-le-bol général des hommes politiques, et celui plus précis : « quand on a le choix entre un Jacquot ou un Le Pen, ou bien entre une Ségolène et un Sarko, c'est pas vraiment réjouissant ». Le système lui-même n'inspire pas confiance, tant il semble figé : « sans verser dans la théorie du complot [...] qui apporte quelque chose de dérangeant serait descendu et déprécié, marginalisé, isolé pour que son discours ne touche qu'un minimum ».

S'affrontent en permanence les blasés et les porteurs – pleins – d'espoir. « Je suis pour la politique du moins pire [...] j'existe pour ces hommes politiques, et je peux peser dans la balance électorale. Tout enfant d'immigré et autre devrait aller exercer son droit de vote ». Chez ces derniers, il n'en reste pas moins de la méfiance et un côté désabusé. « C'est une véritable politique de séduction : qu'est-ce que tu fais pour moi pour que je vote pour toi ? Là vous allez voir comme ils vont s'intéresser à nous ». Mais voter, c'est aussi une raison de s'intéresser à la vie politique, à la gestion de la nation, car ce qui est « important dans le vote, c'est le fait d'intéresser les gens à la politique, et pour que certains se disent qu'après tout, c'est possible [...] peut-être que la prochaine génération sera porteuse d'ambitions politiques, et sait-on jamais, qu'on verra des députés issus des 'quartiers' comme ils disent »

Gregory Kapustin

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